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Que se cache t-il vraiment sous le label BIO ? Les produits biologiques envahissent de plus en plus nos cuisines. Mais finalement, quel est le cahier des charges d’un produit bio ? Que recouvrent tous ces labels verts accolés un peu partout ? La réponse juste ici…

Qu’est-ce que le bio ?

C’est une filière qui propose une production respectueuse de l’environnement, de la biodiversité, de la santé du consommateur, du bien-être animal et pense aux générations futures, en s’inscrivant dans le développement durable. Interdiction donc d’utiliser des produits chimiques de synthèse, adieu OGM, pesticides etc. et ce depuis la production jusqu’à l’assiette. Aucun intermédiaire douteux ne vient normalement souiller le produit (de types additifs chimiques, traitement ionisant, etc.). Par exemple, pour les élevages d’animaux, ceux-ci doivent être menés aux pâturages dès que la météo le permet, ils disposent d’air, de lumière, d’une surface minimum, les animaux doivent être nés dans l’exploitation ou une exploitation autre mais bio, ils doivent être nourris principalement avec des aliments bio de l’exploitation ou régionaux, le gavage est bannit, ils sont soignés par de la médecine douce, etc.

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Le bio a été officialisé par les pouvoirs publics en France en 1980.  Ce qui veut dire que l’agriculture biologique, pour être qualifiée comme telle, devait réponde à un cahier des charges précis. En 1991 l’Europe décide de régir cette production avant que le tout soit homogénéisé en 2009 (encadrement des productions végétales, animales et produits transformés). Les textes évoluent régulièrement, en 2021 un nouveau est d’ailleurs attendu, qui durcira notamment les contrôles.

Pour être un opérateur bio en France, il faut se tourner vers un organisme certifié par les pouvoirs publics : l’Agence Bio. Il faut ensuite un accord contractuel avec l’INAO (l’Institut National de l’Origine et de la Qualité) pour le contrôle de la qualité. Les producteurs bio sont contrôlés tous les ans, mais peuvent également être soumis à des tests de manière inopinée.

Quels sont les produits qui peuvent être biologiques ?

Tous les produits ne peuvent pas prétendre à être biologiques. Les produits éligibles sont les produits non transformés (céréales, légumes, fruits, animaux, coton, lait, oeufs), les produits agricoles transformés pour l’alimentation humaine (pain, fromage etc.), les aliments destinés aux animaux et les semences et matériels de reproduction végétatives. L’eau et le sel ne peuvent pas être considérés comme bio car non agricoles. Cela signifie donc que les produits issus de la chasse ou pêche ne peuvent être bio puisque la traçabilité de l’alimentation de l’animal n’est pas possible.

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Il est important de noter que le textile ou les cosmétiques ne sont pas réellement biologiques. En revanche, certains composants peuvent l’être comme le coton et il est alors acceptable de le valoriser avec la mention « coton biologique ».

Un produit vendu comme bio doit être composé d’au moins 95% d’ingrédients bio (hors sel, eau et additifs). Le pourcentage restant est réglementé. En effet, ces ingrédients-ci doivent apparaitre dans la liste des ingrédients bio non-autorisés. La traçabilité de chaque ingrédient doit être claire et contrôlée. Par ailleurs, le nettoyage des machines utilisées doit également être soumis à des règles strictes. L’étiquette du produit bio doit obligatoirement contenir la mention bio et l’organisme certificateur, grâce à un numéro d’agrément de type FR-BIO-XX pour la France.

Un seul label officiel

label bioLe label AB avec la feuille est le seul officiel. Ce label français est apposé à côté du label bio européen « l’eurofeuille », constitué d’une feuille faite d’étoiles, obligatoire depuis 2010 pour tous les produits bio. Ces 2 labels côte-à-côte signifient que c’est un produit bio français qui répond au cahier des charges du bio européen (si vous souhaitez lire le réglement, je mets le lien ici). Le label français AB est en réalité optionnel car il implique intrinsèquement exactement les mêmes normes que le label européen depuis 2009.

Il autorise la culture mixte, c’est-à-dire qu’une culture bio et non bio cohabitent chez un même producteur. Bien entendu, elles doivent respecter des règles strictes (éloignement, type de culture, etc.). Une contamination par les OGM pour les produits transformés est tolérée de 0,9%. Mais alors à quoi correspondent tous les autres labels que l’on trouve, si un seul est officiel ? Vous aurez toutes les réponses dans le prochain article « Les différents labels bio ».

Mais alors, pourquoi tout le monde ne produit-il pas que du bio ?

Cela reste contraignant. Le cahier des charges, même s’il s’est allégé reste précis. Pour le producteur qui souhaite passer d’une culture conventionnelle à une culture biologique certifiée, il existe un temps de transition assez long pour purifier ses sols, de 2 ans à 3 ans pour le végétal. Pour les élevages animaux cela varie de 6 semaines (pour les poules) à 1 an voire 2 ans selon certains cas. Il faut revoir l’intégralité de la chaîne, puisque même l’alimentation de l’animal doit être principalement bio. Enfin, comme les booster (type engrais chimique) ne sont pas autorisés, la production est plus faible, alors que la main d’oeuvre nécessaire est quant-à elle plus importante. Cela implique donc des coût pour moins de rendement.

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Bio français ou Bio du monde entier ?

Théoriquement, le bio prend en compte une notion éthique et de développement durable. Il faut savoir qu’importer des produits impacte considérable l’environnement. L’empreinte carbone liée à l’importation est colossale. En revanche, cela signifierait de ne jamais consommer certains aliments (fruits exotiques, légumes, etc.). Des organismes certifiés contrôlent en permanence chaque production importée dite bio, mais on ne peut empêcher certaines tromperies car ces contrôles ne sont pas systématiques, cela engendrerait un coût phénoménal et un temps (donc du retard) que des aliments biologiques, donc sans conservateur, pourraient avoir du mal à supporter. Il existe des scandales ponctuels où le producteur mélange par exemple 10% de pommes non bio à sa production bio afin de tromper les analyses aléatoires. Mais il existe aussi beaucoup de producteurs bio honnêtes partout dans le monde.

En conclusion, le bio est très contrôlé, mais il reste un devoir moral du producteur à respecter. Le consommateur peut aisément alterner produits bio et français mais le bio étranger garantit également un cahier des charges précis. Enfin, le texte de 2021 durcira les contrôles, à savoir dès le départ du produit mais aussi une fois arrivés sur le sol européen.

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Écrit par Lotus & Bouche Cousue